‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 132 sur 190 · LA DUCHESSE DE BOUILLON · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE DE BOUILLON

ne participa donr à la guerre de l'indépendance américaine, et Salin, (iiii le commandait, perdit cette occasion de prouver la « bonne léputation dans le militaire )) cjue lui attribuait complaisamment Marie- Antoiiictlt'.

Demeuré en France, et plus souvent en congé à Paris qu'en Hrotagne ou en Alsace à la tête de son régiment, le prince Emmanuel nous est, en cette année 1781, si^hmIc |)ar son ami le comte de Grillon — qui alors assiégeait Mahon sous les ordres de son père — comme bote de M"™° d'Épi nay : « Ma femme, « écrit le comte, nie mande dans une lettre du 15 que a vous partez pour la Chevrette* ». Nous ne pensons pas néanmoins que Salm fut du nombre des hôtes habituels de cette résidence et de ce salon : ni l'abbé Galiani, dans ses lettres, ni Grim ne citent son nom.

Serait-ce aussi à cette époque que commencèrent ses relations avec la duchesse de Bouillon qui devaient se continuer dans l'exil, traverser l'ouragan révolutionnaire ? Amoureux de M'"'" de Bouillon, Emmanuel de Salm l'aurait été a toute sa vie », si l'on en croit l'auteur d'une Vie de la princesse de Po'.r ' : c'est beaucoup dire. Mais quand sont nés cette passion si vive, cet attachement si profond? On le voudrait savoir; par malheur les informations font défaut. Marie lldwit^e de liesse Rheinfols Rotliembourg, née en 17 'jS vV ninriée,

1. M.iliDii, 'lu fl( cembre 1781 {Mémoires de Malouet, éd. de 1868. t. Il, p. 454).

2. La vicomtesse Alfred de Noailles ; voir les Mémoires de Malouet, éd. de 18G8, t. II, p. 449.

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en 1766, à un de ces « hommes que les infirmités « humaines ont condamné à une éternelle solitude « et aune végétation stérile )), plaisait surtout, à défaut d'une grande beauté, par un naturel exquis, une franchise absolue : » Son secret fut de se mon- (( trer telle qu'elle étoit. . . Briséis n'a eu de prétention « ni à la vertu sévère ni à l'économie outrée,... elle « a donné de la grâce à ses défauts, à ses foiblesses ». Cette libre allure, qui froissait les uns et charmait les autres, ne la mit pas à l'abri de la médisance ni de l'envie. « On lui a prêté des goûts mieux excusés « chez le peuple Hébreu que dans nos mœurs », dit un écrit du temps auquel nous avons emprunté les citations précédentes*, « elle a plaint les organes (c de la calomnie sans rien changer à sa marche « philosophique. On lui a donné plus d'un amant, - « elle a souri des propos de l'envie et a continué le <( système paisible de ses plaisirs ». Les soupers de femmes qu'elle donnait dans son hôtel du quai Malaquais, et où l'on voit figurer la duchesse de Lauzun, la princesse d'Hénin, et deux princesses allemandes, la duchesse de la rrémoille, une Salm- Kirbourg, et la marquise de la Jamaïque , une Stolberg, ces joyeuses agapes attiraient l'attention précisément au moment qui nous occupe. Un grossier et sale libelle, œuvre de quelque laquais, venait de les désigner à la curiosité malsaine du public; il est à remarquer que Salm n'y est pas mentionné,

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