‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 150 sur 190 · FERNAN NUNEZ A ROME · texte numérisé non relu

FERNAN NUNEZ A ROME

instants approchaient. Pour des motifs que nous ne discernons pas nettement, il avait quitté l'Allemagne' et s'était rendu à Rome où il reçut la bénédiction du Pape : c'est du moins ce que raconte l'ecclésiastique qui, au mois de juillet suivant, fut chargé de prononcer l'oraison funèbre du comte, (c Lorsqu'é- « data la Révolution française, dit-il, Fernan Nunez « quitta la cour de France, y abandonnant tous ses « biens, se réfugia aux Pays-Bas et s'établit à Lou- « vain. Puis, après trois années de transes inces- (( santés, pendant lesquelles il fut assailli d'ennemis (( et persécuté par un mauvais Espagnol qui cher- « chait à se venger sur le comte d'un crime d'infi- « délité à la patrie dont lui-même s'était rendu court pable, on voit Fernan Nunez se rendre en Italie et y « recevoir du Pape la bénédiction de l'Eglise*. » Sans attacher à ce témoignage de piété plus d'importance qu'il n'en mérite, il ne laisse pas, à vrai dire, que de surprendre quelque peu de la part d'un homme qui passait pour un esprit assez libre et, dit un document cité plus haut, pour un partisan déclaré du

1. Par la correspondance de Barthélémy, nous apprenons que Fernan Nunez, au mois d'avril 1794, fit un court séjour en Suisse pour voir Caainano qui y représentait alors l'Espagne (J. Kaulek, Papiers de Barthélémy, Paris, 1889, t. IV, pp. 46 et 61).

2. Oracion funèbre que en las solemnes exequias celebradas por el aima del Excmo Sr. D. Carlos Joseph Gutierrez de

^losRios.,. dixo el M. R. P. fr. Vicente facundo Labaig y assala... en la iglesia de S. Felipe cl Real de esta Corte, dia 12 de julio de 1195. La da d luz la digna esposa del mismo Excmo Senor, Madrid, 1795, in-4o.

« système des économistes ». Don Carlos croyait-il avoir sur la conscience quelque gros péché et entreprit-il ce voyage à dessein pour se le faire pardonner ; voulait-il, sentant sa fin prochaine, obtenir l'absolution du Pape et se blanchir complètement avant de rentrer en Espagne ? Ou cette manifestation n'était-elle que l'acte de déférence d'un voyageur catholique envers le chef de l'Eglise ? Nous ne sommes pas en mesure de le décider ; mais nous rappellerons que le comte étant mort à Madrid peu après son voyage en Italie, le Pape envoya à sa veuve une lettre de condoléance, ce qui prouve en tout cas que la bénédiction n'avait pas passé inaperçue à Rome.

D. Carlos Gutierrez de Los Rios, sixième comte de Fernan Nunez, mourut à Madrid le 23 février 1795, âgé de cinquante-deux ans et sept mois. Son panégyrique prononcé en l'église de San Felipe el Real, le 12 juillet de la même année, par le R. P. Vicente Facundo Labaig y Lassala, ne dit rien des circonstances de sa dernière maladie ni n'éclaire d'un jour nouveau d'autres périodes de son existence ; nous y apprenons seulement que le comte, qui avait fait son testament à Lisbonne le V^ septembre 1786, y ajouta un codicille, l'avant-veille de sa mort, le 21 février 1795.

Maintenant que la carrière de Fernan Nunez comme militaire ou diplomate peut paraître suffisamment connue, il nous reste encore à traiter, non

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