LE COMTE DE TERALADA
(t à la niijin, puis un adjudant de la place et, der- « rière, huit cavaliers d'Algan^e et un officier suce balterne. Beaucoup de foule et non moins de « chaleur. Aranda est parti aujourd'hui pour le « sitiOf d'où il reviendra samedi ou vendredi. — « Bournonville, qui a la goutte dans l'estomac, a reçu « l'extrème-onction ; mais il va mieux, et Peralada « aussi. )) — Ce dernier personnage, D. Fernando de Boxadors y Chaves, comte de Peralada, passait alors, et non sans raison, pour un fort mauvais sujet: l'accueil empressé qu'il fit à Casanova et la camaraderie qui l'unit à l'aventurier italien suffiraient, au surplus, à nous le rendre quelque peu suspect. Fils de D. Bernardo de Boxadors y Sureda, qui fut ambassadeur à Lisbonne et mourut dans cette ville pendant le tremblement de terre de 1755, Don Fernando hérita du comté de Peralada avec la Grandesse attachée à ce titre. Comme son père et ses ancêtres, il affichait la prétention exorbitante de s'intituler « comte par la grâce de Dieu ». Malheureusement, sa conduite ne répondait guère à l'illustration de sa race et à la majestueuse qualification qu'elle trouvait bon de s'octroyer. Ce Peralada, prince de la jeunesse dorée d'alors, menait une existence des plus débraillées et scandaleuses. Casanova, qui le fréquenta beaucoup à Sarragosse et à Barcelone, en 1768, le décrit ainsi: « Jeune seigneur, fort riche, joli de figure, mal bâti, « grand débauché, aimant la mauvaise compagnie, (( ennemi de la religion, des mœurs et de la police ; (( violent et fort orgueilleux de sa naissance : il (f descendait directement du comte de Peralada qui
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(( servit si bien Philippe II que ce roi le déclara « comte par la grâce de Dieu. Ce fut la première « pancarte que je lus dans son antichambre, sur « un tableau couvert d'une glace. Elle était placée « là à dessein pour que ses visiteurs pussent la lire (( dans le quart d'heure qu'il les faisait attendre *. » En cette même année, il fit une escapade qui attira sur lui l'attention des ministres et de la diplomatie de Charles III, comme le témoigne ce passage d'une lettre de Grimaldi au comte de Fuentes, ambassadeur en France : « Nous avons lieu de croire que le comte « de Peralada est actuellement en France et peut- « être à Paris, voyage qu'il a fait sans demander la « permission au Roi. C'est un seigneur de peu de « conduite, et il convient que vous tâchiez de savoir (( s'il est effectivement à Paris et que vous le man- (c diez chez vous pour le persuader de revenir en <c Espagne^. » Quelque dix ans plus tard, nous le voyons figurer avec d'autres débauchés de son espèce^ dans une association intitulée la Bella Union et consacrée, pour employer le langage qu'on y parlait, à la « vida putesca )>.
Trabajos son de fortuna Los de la vida putesca ; Mucha bulla, broma y gresca Y mucho andar à la tuna...