‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 54 sur 190 · Bibl. Nat., Ms. Esp. 407, fol · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., Ms. Esp. 407, fol

colonel ne se fit pas prier, mais il n'est pas défendu de supposer qu'il éprouva quelque mauvaise humeur à renoncer aux délices de la blanche ville andalouse. Comme lord Byron, le prince Emmanuel devait trouver un charme assez particulier au meneo des Gaditanes, et même nous en avons la preuve. Dans les papiers qu'il rapporta d'Espagne se trouvent quelques billets à lui adressés et qui ne brillent ni par Torthographe ni par le style, mais qui n'en sont pas, pour cela, moins tendres. L'une de ces gentilles épîtres, écrite par une Manolita au tocayito de su corazon ^, nous montre que l'insipide vie de garnison offrait, en 1772, quelques compensations agréables aux Manolitos qui savaient se faire aimer et qui étaient princes. Cuidado con las senoritas de Ceuta! dit en terminant la Manolita : par acquit de conscience, sans doute, car on aime à croire qu'elle était assez avenante et avait laissé à son colonel d'assez doux souvenirs pour n'avoir point à redouter la concurrence des (( demoiselles » de Ceuta. Au reste, où qu'il séjournât avec ses petits Wallons, les jolies filles eurent leur bonne part des loisirs du colonel, et les femmes occupent une assez grande place dans sa correspondance avec Fernan Nufiez pour qu'il ne soit pas permis de mettre en doute les aptitudes galantes du futur cavalier servant de M™° de Bouillon. A force de harceler ses protecteurs, de les apitoyer sur son malheureux sort, Salm finit par obtenir d'être

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