‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 55 sur 190 · Cadix, 29 septembrel772.Bibl.Nat.,Esp. 407t",fol · texte numérisé non relu

Cadix, 29 septembrel772.Bibl.Nat.,Esp. 407t",fol

VOYAGES d'eMMANUEL DE SALM 00

rappelé en Espagne: un ordre du 1*"" octobre 1772 assigna pour garnison au régiment de Brahant la vieille ville d'Âvila. Séjour peu plaisant, certes ; mais au moins n'y était-on pas trop éloigné de la cour et des résidences royales. Salm, il faut le croire, ne se montra pas beaucoup plus satisfait de cette Ll^arnison que des autres, puisqu'il se fit. Tannée suivante, octroyer un nouveau congé. De 1773 à 1777, nous le perdons un peu de vue ; nous savons seulement par sa correspondance avec le duc de Tlnfantado qu'il passa presque toute cette période hors d'Espagne. Ces absences si fréquentes, qu'elles fussent ou non justifiées par des raisons de famille et d'intérêts, nuisaient incontestablement à sa situation militaire et devaient mécontenter ses chefs ainsi que ses camarades. Salm le comprit bien ; aussi crut-il devoir adresser au Roi la démission de son emploi de colonel, au printemps de l'année 1774. La démission fut acceptée et il fallut beaucoup de peine à la duchesse de rinfantado pour obtenir des ministres que le Roi conserverait, au moins, au prince par trop nomade son grade de colonel. Libéré de ses devoirs militaires, Salm se remet à voyager, visite l'Allemagne, la Suède et la Russie; puis, en 1775, parcourt l'Italie et y rencontre l'empereur Joseph II (jui l'attache pendant quelque temps à sa suite. De retour à Madrid, vers la fin de 177G, il en repart de nouveau, en avril 1777, toujours muni d'une per-

fission du ministre, car, quoiqu'il n'exerçât plus de immandement, il appartenait néanmoins par son 'ade aux armées du loi d'Espagne.

Une circonstance que nous ne pouvons préciser, mais qui paraît être Tinstallation de la duchesse de rinfantado à Paris, poussa Salm à quitter définitivement le service du Roi Catholique pour offrir son épée au Roi Très Chrétien. Comme on ne l'ignore pas, le Pacte de famille autorisait les officiers des deux armées à passer, sous certaines conditions, de l'une dans l'autre ; ce fut d'ailleurs avec la permission expresse de Charles III que le prince Emmanuel entra au service de France. De Paris, le 28 août 1778, Salm, qui depuis longtemps n'était plus que colonel à la suite [coronel agregado\ adressa au roi d'Espagne une requête à l'effet d'être autorisé par lui à servir « une autre branche de la maison de Bourbon ». L'autorisation sollicitée ne se fit pas attendre ; déjà, le 21 septembre, Ricla pouvait répondre à son ami que, puisque ses intérêts l'engageaient à servir en France et que cette nation et l'Espagne ne faisaient qu'un [j>or sangre y amistad somos unos), le Roi accédait volontiers à son désir \ Un mois plus tard, M. de Montbarrey, ministre de la guerre en France, annonçait au prince de Salm que Louis XVI avait daigné lui accorder le grade de brigadier de dragons et que l'intention de Sa Majesté était que le prince fût mis « au nombre des officiers qui peuvent espérer des régiments étrangers^ ».

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