‹ Études sur l'Espagne (volume 2)Chapitre 85 sur 190 · Aff. Etr.; Espagne, vol. 612, fol · texte numérisé non relu

Aff. Etr.; Espagne, vol. 612, fol

160 GRANDS d'eSPAGNE

On peut penser si les nouvellistes s'en donnèrent à cœur joie aux dépens du barbon dont les agréments naturels et, entre autres, l'énorme nez toujours barbouillé de tabac * étaient bien pour captiver une si jeune femme. Aucun ridicule ne manqua à la fête, pas même une « églogue épithalamique » en l'honneur des nouveaux époux, œuvre d'un poétereau quelconque de l'époque. ^ Floridablanca et son maître purent se réjouir d'une aventure qui compromettait l'homme et ne rehaussait pas non plus le prestige de l'ex-président de Castille. Bourgoing, toujours sagace et bien informé, note, dans sa correspondance diplomatique, l'irrémédiable déchéance du ministre jadis si puissant. (( Je crois que le séjour de M. d'Aranda en Espagne « y a plutôt nui qu'ajouté à sa considération. Dé- « pouillé de cet éclat dont on l'y avoit vu entouré, (( d'un crédit qu'il étendoit à tout, sans rôle h côté « de ceux qui jouent le principal et qui ont été « jadis ses subalternes, il a paru un peu au-dessous « de l'idée qu'on avoit conservée de lui... D'ailleurs « le choix d'une compagne dont l'âge est si peu pro- « portionné au sien et la manière presque puérile (( dont il lui témoigne ses sentiments ont rendu pour (( ainsi dire ridicule aux yeux du public cet ambas- (( sadeur d'ailleurs si respectable à tous égards. ^ »

1. « La continua dcstilacion que producîa el râpé en su abultada nariz » (J. de la Pezuela).

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