A Londres (Paris), 1785, in-12o do viii et 184 pages
(( Mahomet, de Prêtre Jean, du dieu Xaca, du grand « Lama, de Guillaume Pen », et de faire vendre les bijoux des saints, la garde-robe et le mobilier de la Vierge pour construire des ponts et des canaux. Qu'allaient dire en Espagne ses ennemis acharnés, déjà très au courant de ses relations avec Voltaire et les encyclopédistes, quand ils liraient de l'impie Aranda un tel éloge et dans un tel livre ! Quel triomphe pour le parti politique qui mettait tout en œuvre, particulièrement les passions religieuses et le fanatisme des masses, pour ruiner son crédit ! Aranda devait parer ce coup. Il écrivit donc, sous le voile de l'anonyme, une réfutation du Voyage de Fleuriot destinée au public des deux nations, mais surtout à ceux de ses compatriotes qui pouvaient avoir eu connaissance du livre français ; et puis, comme ministre d'Espagne, directement atteint par ce pamphlet, il adressa à Vergennes une protestation indignée dont on lira avec intérêt les principaux passages :
Paris, le 12 octobre 1785.
Monsieur,
« J'ai l'honneur d'adresser à V. Ex'^'^ un exemplaire d'un ouvrage en deux volumes in-12, portant pour titre : Voyage en Espagne par M. le marquis de Langle, à Neufchatel, de l'imprimerie de Fauche fils aine et compagnie, 1785.
Cet ouvrage, Monsieur, n'est autre chose qu'une troisième édition du misérable libelle intitulé Voyage de Figaro en Espagne, qui parut vers la fin de l'année dernière en un volume in-18, comme imprimé à Saint-Malo.
11 y en a une seconde édition, grand in-8°, supposée faite à Sévilleen 1785, sans changement ni augmentation.