‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 11 sur 206 · ANTONIO DE GUEVARA · texte numérisé non relu

ANTONIO DE GUEVARA

avions donné le modèle, mais toute une littérature d'invention plus récente, surtout des romans, romans allégoriques, romans de mœurs, un peu plus tard aussi des pastorales, puis quelques écrits d'un genre moins frivole, des œuvres de moralistes. Parmi ces dernières, nulles n'eurent plus de succès chez nous que les Epîtres familières y le Livre d'or de Marc-Aurèle, V Horloge des princes et le Réveil-matin des courtisans, du célèbre évoque de Mondonedo, Antonio de Guevara, Tun des trois ou quatre grands prosateurs espagnols antérieurs à Cervantes. Le père de Montaigne en faisait sa lecture habituelle : « Entre les Espagnols, rapporte son fils, luy estoit ordinaire celuy qu'ils nom m oient Marc Aurêie^ ».

A la vérité, dans cet engouement pour les livres espagnols, qui va durer plus d'un siècle et qui atteindra son apogée sous le règne de Louis XIII, il faut voir autre chose encore qu'un hommage rendu au talent de leurs auteurs. Nous lisions surtout les Espagnols parce que, sur terre et sur mer, ils étaient les plus forts, parce qu'ils remplissaient le monde du bruit de leurs entreprises belliqueuses. La réputation littéraire d'un peuple est bien sou-

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