Etat présent de l'Espagne, t. III, p
L\ RUE HORTALEZA. 231
La topographie, au contraire, laisse fort à désirer ; c'est dans ce domaine que Victor Hugo a donné le plus libre cours à son imagination et le plus d'entorses à la vérité. N'insistons pas sur V hôtel de Tonnez^, cet hôtel, au nom de rivière, que, par un singulier hasard sans doute, les annalistes de Madrid ont oublié de nous décrire, — serait-ce chez le poète un souvenir de Lazarille? — et passons rapidement sur le vin d'Oropesa^ dont la réputation nous semble fort mal établie en Espagne. Ce sont là, à vrai dire, péchés véniels que la rime riche excuse.
Qui en voudrait, ensuite, à Victor Hugo d'avoir fait allusion dans son drame à un souvenir d'enfance, d'avoir enchâssé dans un vers le nom d'une rue de Madrid, qui, avec d'autres détails de sa vie madrilègne, lui était toujours resté très présent à l'esprit!
— Elle va tous les soirs chez les sœurs du Rosaire, Tu sais, en remontant la rue Ortaleza^.
La rue Hortaleza, c'est celle que suivit le jeune Victor pour se rendre au collège des Nobles, où son père avait décidé qu'il conti-