‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 124 sur 206 · ECRITS CASTILLANS DE BELGES · texte numérisé non relu

ECRITS CASTILLANS DE BELGES

Tespagnol dans les divers centres intellectuels des Pays-Bas. Dès 1520 environ, des grammaires et des vocabulaires destinés aux Wallons et aux Flamands se publient à Anvers et à Louvain^ ; le nombre des Belges qui possèdent Fidiome castillan et réussissent même à récrire suffisamment, sinon très correctement, s'accroît avec rapidité. A la fin du xvi® siècle, plus encore au siècle suivant, quelques-uns des vôtres, surtout des religieux qui ont résidé un certain temps en Espagne, n'hésitent pas à traduire leurs pensées en un castillan assez pur dont ne font pas fi les lettrés de Madrid .

Pourtant ce ne fut pas sans peine ni sans protestations que l'espagnol s'introduisit aux Pays-Bas dans la correspondance administrative et politique. Sous le gouvernement du duc d'Albe, notamment, on se plaignit de ce gouverneur lui-même qui ignorait le français, en sorte, dit un de vos historiens, que « bonne « partie de ceulx qui estoient contraincts traiter (( et négocier avec luy s'en retournoient peu « contents et ne sçavoient ny enlendoient la

l. Un vocabulaire pour apprendre le français, 1 espagnol et lo flamand fut imprimé à Anvers en 1520 (Gallardo, Ensayo de una bibl. espanola, II, 516).

248 IV. ï:sPAGNOLS et flamands.

{( langue espagnolle ». On se plaignait ensuite de ses secrétaires dont les « dépêches ne se « faisoient plus en langue françoise, comme (( du passé )), d'où naissaient une multitude d'inconvénients et de difficultés. Les membres des conseils établis aux Pays-Bas, ignorant ce que les agents du duc écrivaient en Espagne, n'étaient plus au courant des affaires, a La « diversité des langues causoit des mesen- « tenduz, non seulement ez négoces des minis- (( très, mais ez audiences des députez des ({ villes, estatz et communautez, ou des sollici- (( teurs qui survenoient en court, à cause (c qu'en ces temps peu parloient espagnol ». Et le même historien ajoute : « Depuis, cette « langue est devenue plus familière \ »

En effet, après les campagnes de la fin du xvi*' siècle si rondement menées par Alexandre Farnèse, après la pacification de vos provinces et pendant toute la durée du xvii° siècle, sous le gouvernement des archiducs ou des gouverneurs envoyés par la cour de Madrid, on ne surprend plus de ces protestations. L'espagnol aux Pays-Bas devient une langue quasi officielle que tout Belge qui entend faire une carrière

1. Renon de France, Histoire des troubles des Pars-Bas, Bruxelles, 1886, t. I, p. 307, 488, 489.

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