‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 13 sur 206 · OK livres de Brantôme, éd. citée, t. V, p · texte numérisé non relu

OK livres de Brantôme, éd. citée, t. V, p

30 I. l'eSPAGNE en FRANCE.

Mais Brantôme n'est-il pas l'auteur des Rodomontades et ne serait-ce pas pour se gausser de la forfanterie espagnole qu'il aurait compilé ce précieux recueil d'énormes vantardises? Nullement. Malgré son ton plaisant et qui nous paraît plus malicieux qu'il ne l'est en réalité, Brantôme admire sincèrement ces (( belles paroles profTerées à l'improviste » delà nation « brave, bravasche et valleureuse, « et fort prompte d'esprit », comme il la nomme avec une entière conviction. C'est plus tard seulement, quand les Espagnols mêlés à nos guerres civiles avaient fini par se rendre insupportables et odieux, que les Rodomontades ont été prises en mauvaise part, défigurées et délayées dans de petits livrets satiriques ou au bas d'images burlesques de capitans matamores, dont le débit fut grand sous Louis XIII.

Brantôme est le prince des espagnolisants du XVI® siècle. Nul plus que lui n'a contribué à orner notre langue de grâces espagnoles. Brantôme ne discute pas, il blasonne, dit des boiirles, busqué fortune, hable, ne lance pas une pierre, mais la tire, trepe au lieu de monter, se donne une care ou un garbe (un air), marche à la soldade bizarrement. Quelquesuns de ces mots sont restés dans notre voca-

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