MOTS ESPAGNOLS EMPRUNTÉS
biliaire avec des acceptions plus ou moins éloignées de leur sens primitif, comme hâhler et bizarre, d'autres n'ont pas survécu à la décadence du goiit espagnol en France.
En résumé, jamais Français n'a mieux compris le caractère espagnol dans ce qu'il a de courageux, d'héroïque, mais aussi d'arrogant, de pompeux et de vantard : cela lient sans doute à ce que Brantôme, gentilhomme périgourdin, était lui-même fortement entiché et entaché de « braverie ». On ne comprend bien que ce que l'on aime.
« Coustumièrement, dit toujours Brantôme, « la plupart des François aujourd'huy, au « moins ceux qui ont un peu veu, sçavent c( parler ou entendent ce langage* », c'est-àdire soit l'italien, soit Tespagnol. De l'espagnol, ce qu'il avance là est vrai certainement, et l'on en pourrait donner mille preuves, par exemple le fait que des livres espagnols s'imprimaient couramment en France et y trouvaient acheteur. A la cour on cherchait à se donner un vernis de castillan, l'éducation du prince n'eût pas paru complète sans quelque teinture de ce lanofagre. Aussi de nombreux Espagnols, professeurs improvisés, s'y em-