‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 136 sur 206 · DESCRIPTIONS DES FLANDRES · texte numérisé non relu

DESCRIPTIONS DES FLANDRES

Molina trouve très mauvais que son maître l'oblige à faire le pied de grue sous les fenêtres d'une belle dame flamande : « Ai-je aux « pieds un brasero ? Penses-tu que Flandre « soit Madrid ou Séville ? Nous sommes en mai « et il neige comme à la Chandeleur. De la (( neige! Ah! je comprends. C'est qu'il est « aujourd'hui samedi et que le ciel a hâte (( de passer une chemise propre à la terre : (( la neige, c'est la vraie blanchisseuse de ce (( pays. Et les nuages, ces nuages lourds, « épais, laineux? On dirait d'infatigables carce deurs à voir les flocons qu'ils lancent sur (( nous sans cesse. Les étoiles? Mais sont-ce (( bien des étoiles ces lumières pâlottes qu'on « aperçoit à peine à travers les loques des « nuages ? Elles ont l'air de scintiller ; ne (( vous y trompez pas, elles tremblent de « froid ^ ))

Parmi les plaisanteries soldatesques inspirées par les campagnes de Flandre, il en est une qui fait précisément allusion à ce froid intense qui horripilait les Espagnols. C'est l'histoire du duel d'un Espagnol, au pays de Gueldre, avec un soldat albanais. Les adversaires s'attaquent avec furie et, après quel-

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