‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 135 sur 206 · SENS DU MOT (C FLANDES · texte numérisé non relu

SENS DU MOT (C FLANDES

pouvons recueillir dans la riche littérature espagnole du xvi° et du xvii^ siècle, dans les nouvelles et les comédies surtout, ne sont pour la plupart que l'écho de propos tenus, en Espagne, par ces militaires ou ces fonctionnaires, après un séjour plus ou moins prolongé parmi vous. A ces Espagnols, vous ne sauriez demander plus qu'ils ne sont en mesure de donner; il ne faut pas exiger d'eux qu'ils distinguent très exactement les mœurs des différentes provinces ou des différentes classes et qu'ils en saisissent les nuances. Ils voient un peu en gros, notent rapidement leurs impressions, ne les contrôlent guère et n ont cure souvent de rechercher le pourquoi des faits qui les ont frappés.

Leur Fldndes aussi est un terme bien général et qui embrasse trop. Fldndes pour un Espagnol, c'est, non seulement la Flandre proprement dite, c'est l'ensemble des Pays- Bas — provinces flamandes de Belgique, la Hollande et vos provinces wallones, — c'est même quelquefois, par une extension qui s'explique, la partie de la Bourgogne qui appartient encore à l'Espagne. Fldndes, en résumé, c'est tout ce qu'il possède par delà les monts dans le pays brumeux du Nord, c'est l'héritage flamand de Charles-Quint.

Tout d'abord, la nature. Qu'en pensent-ils de la nature, du climat de vos pays, ces méridionaux ? On peut ramener à deux types principaux les peintures qu'ils en font. Une Flandre froide à vous donner le frisson, humide, détrempée à croire qu'on entend l'eau ruisseler de toutes parts, nébuleuse et triste à vous noyer l'âme dans une sombre mélancolie. Puis, une Flandre riante et joviale : des villes et des villages regorgeant de marchands cossus et de bourgeois épanouis, des bosquets, des jardins où l'on rit, chante, danse et festoyé.

Sans vous faire tort, la première de ces Flandres est la plus vraie, tout au moins c'est celle que les Espagnols ont le mieux rendue, parce que c'est celle qu'ils ont le mieux sentie. Ceux de leurs soldats qui avaient exécuté marches et contre-marches sur vos digues, pataugé jusqu'à mi-corps dans vos tourbières, le sac à munitions attaché autour du cou, le mousquet levé au-dessus de la tête pour ne pas le mouiller; ceux qui avaient erré dans vos dunes ou attaqué les remparts de vos villes fortes, ceux-là n'oubliaient jamais cette Flandre humide et glacée. Los hielos de Fldndes estune expression qui revient souvent: les glaces et la neige de Flandre.

Un valet plaisant d'une comédie de Tirso de

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