LE VIN ET LA BIÈRE
pardonnerait un peu leur vice. Mais non ; la plupart s'enivrent de bière. Et c'est alors qu'éclate dans toute sa beauté le mépris de l'Espagnol. De la bière! Fi donc! Ce liquide jaunâtre et trouble, composé d'ingrédients que la fermentation rend amers, produit sur tout Espagnol qui en humecte ses lèvres l'effet d'une détestable médecine. « Depuis (( que j'en bois, » dit un valet de comédie, « j'en a ai les moustaches toutes flamandes, » c'est-àdires blondes. « Ah! quand te reverrai-je, « divine liqueur espagnole qui vous noircit la ce barbe ! » Et il ajoute peu galamment que la supériorité du vin sur la bière tient à ceci que (( le vin est homme, la bière femme* ». Grande ou petite bière, bière de houblon, d'orge, de seigle ou d'avoine, tout cela ne fait qu'un à leur palais. Unanimement ils condamnent et détestent cette boisson barbare, et ils le font parfois en termes si soldatesques qu'il ne m'est vraiment pas permis de vous les rapporter.
En revanche, comme je Tai dit tout à l'heure, dès qu'il s'agit, non plus de certains traits de votre caractère qui ne leur sont pas sympathiques, de certains penchants de votre peuple qu'ils ont en horreur, dès qu'il s'agit des dons