‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 143 sur 206 · Lopede Vega, Pobreza no es \ileza, acte lU, se · texte numérisé non relu

Lopede Vega, Pobreza no es \ileza, acte lU, se

(le resprit flamand, de tout ce qui émane de votre raison pratique et de votre volonté, les Espagnols changent d'avis et prennent un autre ton. Ici, ils ne critiquent plus, ils admirent et envient ; ils ne vous reprochent vraiment qu'une chose : l'indépendance de caractère et l'amour de la nouveauté qui poussèrent beaucoup des vôtres à embrasser la Réforme. Gela, bien entendu, ils le condamnent avec àpreté et, on peut le dire, avec injustice, car, à les entendre, il n'y aurait eu en Flandre qu'hérétiques et iconoclastes. Les soldats du duc d'Albe appellent « tout le monde héréticque, « qui at esté cause, avec les oultraiges qu'ilz (( ont faict, que plusieurs sont estez tuez », écrit un correspondant du cardinal de Granvelle ^ . En effet, cette conception si fausse froissa extrêmement les très nombreux Flamands demeurés fidèles à la doctrine catholique et fut une des causes du long malentendu qui régna pendant tout le xvi® siècle entre vos provinces et le gouvernement de Madrid.

Mais la question d'hérésie mise à part, sur tout le reste les Espagnols ne tarissent pas d'éloges. Que de choses les surprennent

1. Morillon à Granvelle, Bruxelles, 24 août 1567 (Correspondance de Granvelle, t. 11, p. 599).

Page 1