OEuvves de Brantôme, éd. citéo, t. IX, p
32 I. l'espagne en frange.
ploient-ils, témoin ce Juliaii de Medrano, gentilhomme navarrais au service de Marguerite de. Navarre, qui, sur la demande de cette reine, compile et publie à Paris, en 1583, un recueil d'historiettes et de proverbes en langue de Gastille, intitulé : « La forêt merveilleuse, où (( sont narrées diverses choses fort subtiles « et curieuses, très utiles aux dames et aux « messieurs* ».
Dans cette tourbe vagabonde d'aventuriers espagnols, que les guerres de Flandre ou de la Ligue et les proscriptions de Philippe II avaient jetés sur le pavé de Paris, se détache le fameux Antonio Perez. La situation considérable qu'il avait occupée dans les conseils d'Espagne, les circonstances mystérieuses de sa disgrâce et les péripéties dramatiques de son procès et de sa fuite en France en faisaient un objet de curiosité à la cour et à la ville. Henri IV l'accueillit d'abord avec empressement, le choya, mais finit par se lasser de l'exilé besoigneux et devenu vite inutile dès qu'il n'eut plus de secrets d'État à vendre. Perez traîna longtemps à Paris une très misé-
1. La silva curiosa de Julian de Medrano (Paris, 1583), dont la dédicace est datée : « De esta crmila del Bois de Yincennes, a 23 de enero 1583. »