‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 175 sur 206 · D. o., II · texte numérisé non relu

D. o., II

340 V. l'espagne du a don Quichotte ».

gnante tristesse l'envahit quand chez le duc il découvre, un soir en se couchant, que ses bas sont troués, que leurs mailles s'échappent. Que n'eût-il donné alors pour tenir un écheveau de soie verte ou posséder l'once d'argent qui en est le prix^ ! En le préservant ainsi des souillures particulières à l'hidalgo tombé dans la misère sorcjide, en l'élevant moralement très au-dessus des gens de sa condition, Cervantes d'abord nous oblige à l'aimer, malgré ses ridicules, et il le rend ensuite plus vraisemblable. Voilà bien, en efFet, ce qu'étaient exposés à devenir, dans leur solitude, leur ennui et leur dénuement, ces genlillâtres de province, quand, comme Don Quichotte, ils avaient, avec le respect d'eux-mêmes et la correction de la tenue, l'âme haute, des sentiments délicats, des aspirations généreuses ; ils devenaient maniaques. Et combien il est facile alors de concevoir qu'une lecture habituelle de fictions merveilleuses suffît pour détraquer à jamais ces étroites cervelles naïvement éprises d'un idéal inaccessible de vertu et d'honneur! C'est en réfléchissant à la condition de Don Quichotte et en le replaçant exactement dans son centre qu'on arrive à démêler ce que je pense

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