MILITAIRES MENDIANTS
taires * ». Le beau temps de la milice est passé, celui de la paperasse commence. Le grand empereur n'est plus là pour défendre et récompenser ses compagnons d'armes. Philippe II, malheureusement, n'hérita pas de son père sesvertus guerrières; il se servait des soldats, mais ne les aimait point. Quant au troisième Philippe, sorte de moine couronné, il ne comprit même jamais qu'il est du devoir d'un roi d'affecter au moins quelque peu d'espritjnilitaire. Sous son règne, seul le noble titré et le cadet de grande maison pouvaient espérer faire dans l'armée une carrière, obtenir de l'avancement et, après des campagnes, recevoir comme rémunération un habit de Saint-Jacques, de Galatrava ou d'Alcantara. C'est l'époque où les grandes routes sont infestées de militaires en congé ou licenciés, qui traînent leurs guenilles et implorent la charité des passants en exhibant des blessures vraies ou feintes, quand ils ne l'extorquent pas brutalement en les couchant en joue; l'époque aussi où les secrétai- I cries des ministères sont assiégées par des troupes faméliques de soldats en haillons, tous tendant en suppliants leurs « états de services » au commis qui passe sans seulement les regar-