‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 181 sur 206 · Carta del soldado. Chanson inédile du xvi« siècle · texte numérisé non relu

Carta del soldado. Chanson inédile du xvi« siècle

348 V. l'espâgne du « don Quichotte ».

der. Cervantes avait été témoin de beaucoup de ces misères ; et il avait souvent passé devant les marches de l'église de Saint-Philippe à Madrid*, rendez-vous de ces victimes de la bureaucratie triomphante, qui, pour tromper la faim, exhalaient bruyamment leurs plaintes, s'excitaient les uns les autres, et, au grand ébahissement des civils attirés par leurs vociférations, énuméraient pompeusement des prouesses qu'aurait eu de la peine à accomplir le Grand Capitaine en personne". Il s'est souvenu de telles scènes en écrivant, et c'est pourquoi le senor soldado apparaît surtout dans ses œuvres sous les traits du miles gloriosus ou du vieux militaire dépenaillé, souffreteux et tristement ridicule. Voyez ce Vicente de la Roca, qui, de retour au pays, parade dans son uniforme éclatant dont il renouvelle sans cesse les galons, frise sa moustache, conte qu'il a tué plus de Mores que n'en ont jamais vu naître Alger et Tunis, découvre des égratignures qu'il donne pour des arquebusades, tutoie les

1. « Adios de San Felipe el gran paseo... » (Viaje del Parnaso, chant I.)

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