‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 198 sur 206 · LE THEATRE DE CERVANTES · texte numérisé non relu

LE THEATRE DE CERVANTES

les lettres savantes; il se soumet respectueusement, comme Lope, au Minturne, au Gastelvetro, à Robortello d'Udine ; il croit au dogme des unités à peu près autant qu'y croyait Corneille. En théorie; mais la pratique donne un démenti flagrant à ces belles spéculations.

Cervantes a écrit pour le théâtre à deux reprises, une première fois à l'âge de trente-cinq à quarante ans, — et les pièces qu'il composa alors furent, dit-il, représentées avec succès, — une seconde fois dans les dernières années de sa vie et longtemps après que Lope, reconnu souverain maître du théâtre, « eut mis sous sa (( juridiction tous les comédiens d'Espagne* ». Des drames de la première époque, il ne nous reste que la Numancia, belle déclamation patriotique dialoguée, et la Vie à Alger, sorte de tableau curieux et parfois éloquent de la captivité et des bagnes. Tune et l'autre plutôt des tragédies de salon, intéressantes à lire, difficiles à représenter. Le vrai théâtre de Cervantes consiste donc essentiellement dans les huit comedias et les huit intermèdes de la seconde époque qui furent publiés en 1615. Ces pièces, et j'entends ici exclusivement les huit comedias, étant à mettre au nombre des pro-

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