‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 197 sur 206 · Galalca, livre YI · texte numérisé non relu

Galalca, livre YI

376 V. l'espagne du « don Quichotte ».

Ce maître lui a enseigné, avec certains artifices de style, le procédé qui a fait sa force et sa gloire et dont vit le Don Quichotte : l'ironie aimable, enjouée, presque indulgente, l'opposé de cette ironie froide, cruelle, accablante des premiers picaresques espagnols. Cervantes est tout pénétré d'Italie, les citations des grands auteurs italiens se pressent sous sa plume, l'italien, si l'on peut ainsi dire, lui sort par tous les pores. Il s'est moqué, en un passage du Don Quichotte, àes traducteurs de son temps qui calquaient les livres toscans au lieu de les transposer^; mais lui-même n'est pas exempt d'italianismes, comme l'ont déjà noté ses commentateurs. Et l'Italie a non seulement transmis à Cervantes tout le suc de ses meilleurs prosateurs et poètes, elle lui a par surcroît découvert l'antiquité : il ne possède vraiment des auteurs anciens que ce qui en a passé dans la circulation grâce surtout aux nombreux vulgarisateurs italiens qu'on pratiquait extraordinairement en Espagne.

A propos du théâtre, il épouse naturellement les opinions de ceux qui en Italie interprètent la Poétique à^ Kri^ioiQ et la réduisent en formules à l'usage des poètes non versés dans

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