‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 28 sur 206 · Mémoires, éd Chéruel, t. XVIII, p · texte numérisé non relu

Mémoires, éd Chéruel, t. XVIII, p

60 I. l'eSPAGNE en FRANCE.

La tirade est éloquente et d'un libéralisme très orthodoxe, mais qui voudrait souscrire à ce jugement si absolu, à un tel crescendo d'invectives contre une institution qui a eu sa raison d'être à une époque et dans un pays déterminés ? Il est vraiment trop commode et fort déclamatoire de condamner ainsi sans réserve, sans tenir compte du lieu et du temps, tout un système qu'il n'est pas donné à chacun d'étudier dans ses origines ni de suivre dans son développement. La question n'est pas du tout de savoir si la tolérance religieuse est en soi bonne ou mauvaise, mais si l'Espagne, à un certain moment de son histoire, a été obligée d'instituer le fameux tribunal pour parer à de plus grands maux, et si, en ne l'instituant pas, elle les eût évités ; si elle eût, sans l'Inquisition, retardé sa décadence. A cela on ne répond pas par un morceau de bravoure. Et puis était-ce bien à Saint-Simon, à un contemporain de Louis XIV, qu'il appartenait de s'élever en termes si durs contre l'intolérance en matière de foi ? Les Protestants comme les Jansénistes français venaient cependant d'éprouver à leurs dépens, et cruellement, que penser par soi-même, croire selon sa conscience n'était guère en France chose plus aisée qu'en Espagne.

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