Mélanges historiques el littéraires, Paris, 1868, p
88 I. l'espagne en frange.
A-t-on assez parlé du génie espagnol de Victor Hugo, de la couleur espagnole de son imagination, de l'allure espagnole de son style et, pour comble, de sa parfaite connaissance des choses d'Espagne ! « Victor Hugo ( reste, parmi nous, le Grand d'Espagne de première classe de la poésie! s'écrie Paul
de Saint-Victor L'Espagne, avec des
agrandissements immenses d'horizons, est la patrie dramatique de Victor Hugo, comme
c elle fut celle de Corneille Les années
d'enfance qu'il y a passées Font marqué à sa forte empreinte ; le pli de la cape des preux du Romancero est resté sur l'attitude de son
style Qui les sait mieux que lui, ces
Choses de l'Espagne »! Chaque fois
qu'il revient en Espagne, par le drame ou la poésie, c'est le roi dans son royaume, c'est le seigneur rentrant dans son fief* ».
A force de répéter une chose, on finit par la croire, et, ce qui est plus grave, par la faire croire à d'autres. A force d'entendre exclamer que notre plus grand poète leur appartenait, les Espagnols nous ont pris au mot, et, comme l'imagination marche à pas de géant dans cette
1. Victor Hugo, par Paul de Saint- Victor, Paris, 1885, p. 11, 32 et 125.