LA COMEDIA JUGEE PAR MERIMEE
riniée, avec son flair crartisle, Ta parfaitement jugée ; personne n'a si bien fait voir clans quels genres les Espagnols ont excellé et dans quels genres ils se sont montrés inférieurs. Voyez plutôt ce qu'il dit du théâtre comparé au roman :
« Tandis que les romanciers, observateurs exacts et souvent profonds, ont reproduit avec succès des individuaHtés ou des vices répandus, les poètes dramatiques n'ont créé que des personnages de convention, ac^issant toujours d'après certaines régules invariables, accessibles seulement à certaines passions héroïques et dont la forme est toujours la même... A vrai dire même, la jalousie et le point d'honneur sont les seules passions qui défrayent le théâtre espagnol. L'intrigue change, grâce à l'inépuisable fécondité des auteurs, mais le fond demeure immuable^. »
Ce jugement peu vulgaire tranche fort heureusement sur les dithyrambes qu'il est devenu habituel d'entonner en l'honneur du théâtre espagnol, depuis que les Schlegel et M. von Schack ont donné le branle. Mérimée a vu clair; ce grand prosateur ne s'y est pas trompé. La vraie gloire litéraire de l'Espagne i réside dans le roman, dans l'histoire et dans i la poésie héroïque, qui est encore une manière d'histoire.