‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 62 sur 206 · ÉDITIONS NON EXPURGÉES · texte numérisé non relu

ÉDITIONS NON EXPURGÉES

pression et à la vente du texte complet furent définitivement levées V Une liste des éditions du Lazarillo casligado, comme on le nomme communément, manquerait d'intérêt. Il suffit de savoir qu'on le trouve, soit imprimé à part en un très petit volume, dont la typographie n'a rien à envier à celle de notre Bibliothèque bleue, soit réuni à un livre de civilité, le G«lateo espanol àe Lucas Gracian Dantisco*.

Hors de la Péninsule, et môme dans les pays soumis à la domination espagnole, Lazarille se conserve plus intact. Il semble que les rigueurs inquisitoriales n'aient pas atteint les typographes flamands ou italiens. A Milan (1587), à Bergame {1597i, à Anvers aussi (1595 ot 1602) et à la sévère « officine plantiniennew, chez Balthasar Moretus, gendre du grand Christophe Plantin, c'est toujours le vieux Lazarille, avec ses verdeurs et ses intempérances de langage, qui s'imprime et se vend.

1. La vida del Lazarillo de Tonnes, etc., nueva cdicion, Madrid, avril 1831, in-12", est encore expurgée.

2. Galatoo espanol agora nuevamente impresso y eincndado. Aiitor Lucas Gracian Dantisco, criado de Su Magestad. Y de nuevo va anadido el destierro de la ignorancia, que es Quaternario de avisos convenientes a este nueslro Galateo. Y la vida de Lazarillo de Tormes, castigado. Madrid, Luis Sanchez, 1599, in-12 oblong. C'est la premi^^e édition de ce recueil.

Comme il était naturel, nos libraires parisiens répètent les éditions planliniennes et se moquent du castigado. Le corrigé de Lôpez de Velasco resta donc confiné en Espagne. A l'étranger, à peine en peut-on découvrir une seule réimpression, faite à Rome, en IGOO, par un Pedro de Robles, qui la dédia au duc de Sesa, ambassadeur d'Espagne près la cour pontificale* ; du moins n'en connaissons-nous pas d'autre.

Un détail à noter dans ces éditions étrangères. Celles qui renferment à la fois la première et la seconde partie du roman ^ respectent scrupuleusement la division ancienne, c'est-à-dire qu'elles terminent la première au mariage du héros devenu crieur public, et commencent l'autre par le récit de ses gogailles avec des Allemands venus à Tolède, qu'il traîne à sa suite dans toutes les tavernes de l'impériale cité.

Au contraire, les éditions qui ne donnent que la première partie, comme celles de Plantin et les réimpressions parisiennes de 1601

1. La vida de Lazaro de Tormes, y de sus fortunas y adversidades. En Roma, por Antonio Facchetto, 1600. Gon licencia de los Superiorcs. Un exemplaire à la Bibliothèque Impériale de Vienne.

Page 1