‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 85 sur 206 · MONVILLE · texte numérisé non relu

MONVILLE

Sire, mettez-vous en état de grâce comme s'il s'agissail d'obtenir un miracle.

LE ROI

Et vous, mon père?

LE CONFESSEUR

Ce qu'a dit le docteur, sire, est d'un excellent esprit. Seulement mon avis serait qu'il ne faut point négliger par intervalle les terrestres auxiliaires que Dieu a mis naturellement et avec indulgence à notre disposition.

Et lesquels .*

LE CONFESSEUR

Par exemple, vous rapprocher quelquefois de la reine.

LE ROI

Vous pouvez avoir raison.

LE CONFESSEUR

Ensuite il serait profitable d'exciter doucement les esprits de Sa Majesté Catholique. On va une heure ou deux à la pêche ou à la chausse, on prend un peu d'exercice, en compagnie avec la reine. Enfin voulez-vous savoir ma pensée jusqu'au bout ;'

17G III. l'histoibe dans ruy bl.vs.

Je vous en prie.

LE CONFESSEUR

Eh bien ! ne dédaignons quelquefois ni les collations succulentes, ni les vins généreux. Avec le secours spirituel de ces choses, sire, vous sentirez s'accorder les influences du ciel.

i.E ROI, ôtant son chapeau.

Ainsi soit-il ! *

Il y a encore dans ce drame, entre le Roi et M™" Jourdan, nourrice de la Reine, un dialogue qui est d'une assez jolie venue :

LE ROI

Oui, madame Jourdan, c'est à moi que vous appartenez maintenant, et vos appointements courront de ce jour. Nourrice sur lieu, nourrice royale.

M™6 JOURDAN

Puisque vous le désirez, je le veux encore pour l'amour de notre Marie-Louise : je resterai ici deux ans de plus, afin d'élever votre prince des Asturies : mais permettez-moi de faire venir monsieur Jourdan pour me désennuyer un peu à la cour.. .

LE ROI

C'est là une faveur qu'il faut demander spécialement à la

M™« JOURDAN

Et je la cherche avec vous pour cela. Elle doit être aux envil. Acte I*"", scène 5.

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