Acte III, scène
2. Fray-Eugénio ou l'auto-da-fé de 1680, par M. Mortonval [pseudonyme d'Alexandre Fursy Guesdon], auteur du
178 m. l'histoire dans ruy BLi^s.
plus mauvais que tant d'autres du môme temps ; sans contredit il vaut beaucoup mieux que le Piquillo Alliaga de Scribe. Au moins Tauteur avait-il parcouru les mémoires du xvii^ siècle et quelques livres espagnols, notamment la relation du grand auto de fé de 1680. De tout cela il composa un récit agrémenté d'épisodes de son cru et où le fanatisme de Charles II, comme l'indique déjà le titre, occupe une place prépondérante. Incontestablement, l'histoire est moins défigurée chez Mortonval que dans la pièce de Latouche ou que dans un autre roman à peu près contemporain de Régnier-Destourbet : Charles II et ramant espagnol ^ .
Ce conteur-là s'en prend surtout à Marie- Louise d'Orléans, l'infortunée première femme de Don Carlos ; et c'est, encore une fois, l'impuissance du souverain valétudinaire qui fait les frais de la narration, dont les détails attestent chez son auteur une ignorance aussi prodigieuse qu'ingénue des choses de l'Espagne. Un exemple suffît pour apprécier le
Tartufe moderne et du comte de Villamayor. Paris, 1826, 4 vol. in-8.
1. Charles II et L'amant espagnol, par Régnier-Destourbet, auteur de Louisa et d'un bal chez Louis-Philippe. Paris, 1832, 4 vol. in-12.
LA DUCHESSE d'aBRANTÈS. 179
livre. Croirait-on que le grave dominicain Froilan Diaz, confesseur de Charles II, si connu pour avoir imaginé l'ensorcellement du roi*, y est transformé en un chartreux de Jerez, nommé Froy-La?idias?
a Un bon gros homme de moine que tout le monde aime, qui aime tout le monde, et dont le seul défaut est de se laisser aller parfois au plaisir de la table ; c'est un g^ourmet qui attache plus d'importance à un cuissot de chevreuil bien rôti, qu'à la plus admirable question débattue en la Sorbonne de Paris. Sa bibliothèque est un peu en désordre; mais sa cave est bien rang^ée. Il a trop peu d'admiration pour les dévotes acariâtres, mais il en a beaucoup trop pour la sœur Sainte-Placide, à cause de son savoir dans les ragoûts, de son habileté dans la casserole. Malgré ces défauts, Froy-Landias est l'ami du roi, qui, ayant été élève avec lui, vient voir de temps à autre son bon camarade à la chartreuse de Xérès ^. »
Enfin, un dernier roman d'une femme célèbre : U Amirauté de Castille par la duchesse d'Abrantès (1832). L'auteur nous transporte cette fois tout à la fin du règne. C'est le drame sombre du testament, avec force détails de
1. Proceso criminal fulminado contra el R^^ P. M. Fray Froylan Diaz, de la sagrada religion de Predicndores, confessor del rey N. S. D. Carlos IL Madrid, 1787.