Opus epistolaruin, éd. d Amsterdam, ppist. 608 et
les admettre sans réserve ? Je ne le pense pas. Les Espagnols, Ijlessés dans leur amour-propre, atteints dans leurs intérêts, ont évidemment grossi le préjudice que leur causait l'administration de Chièvres. Pour être entendus, ils ont crié par-dessus les toits et un peu plus que de raison. Surtout, on ne saurait prendre très au sérieux la prétention qu'ils afïichent d'être beaucoup plus purs que leurs dominateurs. Un secrétaire du cardinal Ximenez ne va-t-il pas jusqu'à écrire, à propos des marchandages qui se faisaient à Bruxelles avant le départ de Charles : « Vne est la coutume de « Flandre et autre est la coutume d'Espagne. « Chez nous l'on ne peut souffrir personne qui « ne fasse ses affaires proprement, comme il « le doit '. » Ne dirait-on pas qu'avant la venue des Flamands les Espagnols n'avaient jamais acheté de charges ni de bénéfices, jamais corrompu leurs juges ni soudoyé leurs ministres ! Mais l'histoire de la Castille au xv" siècle, même celle du règne réformateur de Ferdinand et d'Isabelle, donne un démenti catégorique à ces paroles dont le ton indigné paraît quelque peu suspect. Ce qui chagrinait les
1. Carias de lus secretaiios del cardeiial D. Fr. Francisco Jimeiiez, Madrid, 1875, p. 18.