‹ Études sur l'Espagne (volume 4)Chapitre 170 sur 197 · D. Q.,l, 37 cf · texte numérisé non relu

D. Q.,l, 37 cf

346 V. l'espâgne du « don quiciiotte ».

blement vanté de sa blessure et a réduit au silence par une riposte d'une généreuse indignation celui qui avait eu la bassesse de la lui reprocher; mais en même temps il ne se méprenait pas sur les déboires nombreux du métier, et les fumées de la gloire ne lui ont jamais caché les injustices et les vilenies dont avait tant à souffrir de son temps le soldat de fortune. Même dans ce parallèle, que d'amères réflexions sur le sort précaire du soldat comparé à la bonne vie paisible du magistrat, confortablement assis dans son fauteuil d'où il gouverne le monde, quelles plaintes à propos de ceux qui ont cent fois risqué leur vie dans la tranchée ou sur la brèche et n'ont jamais obtenu la plus maigre récompense! Là Cervantes ne pouvaitparler de lui-même, mais on sent bien qu'il pense à ses propres mécomptes, se remémore ce qu'il a peiné pendant ses années de campagne et constate tristement combien peu lui a servi d'avoir participé, en vainqueur, à la plus fameuse journée des temps modernes. On sent qu'il est sur le point de s'écrier comme ce soldat d'une chanson : « Je ne me plains pas d'avoir tout perdu pour (( mon roi, pour la loi et Madame Isabelle, « mais je me plains de rentrer vieux, pauvre, « estropié et de mourir aux mains des secré-

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