LA CARRIÈRE DES ARMES
rurale OU à tapissera la cour les antichambres des grands seigneurs.
Aux hidalgos s'ouvre la carrière des armes, le métier noble par excellence, que Cervantes embrassa dans sa jeunesse, moins de propos délibéré que par occasion. Se trouvant en Italie, où il avait suivi le cardinal Acquaviva en qualité de camérier, il fut séduit par le clinquant de la soldatesque, s'enrôla et fit sous Don Juan les mémorables campagnes de la Sainte Ligue. Il ne faudrait pas juger de ce que Cervantes pense du métier militaire seulement d'après son célèbre parallèle entre les armes et les lettres qui conclut à la prééminence absolue des premières sur les secondes \ Ce parallèle n'est qu'un morceau de bravoure, comme Cervantes aimait à en écrire de temps à autre, afin de montrer qu'il n'était pas incapable de haute littérature et savait s'élever aux idées générales. Sans doute il professait pour la milice l'estime que lui en avaient fait concevoir les chefs glorieux sous lesquels il servit, Don Juan, Alvaro de Bazan, Lope de Figueroa ; l'épisode de Lépante, il l'a toujours tenu et avec raison pour l'honneur de sa vie. En plusieurs occasions il s'est no-