Carta del soldado. Chanson inédilc du .wi^ siècle
3i8 V. l'espâgne du « don Quichotte )i.
der. Cervantes avait été témoin de])eaiicoup de ces misères ; et il avait souvent passé devant les marches de l'église de Saint-Philippe cà Madrid*, rendez-vous de ces victimes de la bureaucratie triomphante, qui, pour tromper la faim, exhalaient bruyamment leurs plaintes, s'excitaient les uns les autres, et, au grand ébahissement des civils attirés par leurs vociférations, énuméraient pompeusement des prouesses qu'aurait eu de la peine à accomplir le Grand Capitaine en personne". Il s'est souvenu dételles scènes en écrivant, et c'est pourquoi le senor soldado apparaît surtout dans ses œuvres sous les traits du miles glo?'iosi(S ou du vieux militaire dépenaillé, souffreteux et tristement ridicule. Voyez ce Vicente de la Roca, qui, de retour au pays, parade dans son uniforme éclatant dont il renouvelle sans cesse les galons, frise sa moustache, conte qu'il a tué plus de Mores que n'en ont jamais vu naître Alger et Tunis, découvre des égratignures qu'il donne pour des arquebusades , tutoie les
1. « Adios de San Felipe el gran paseo... » (Vioje del Parnaso, chant I.)