INVALIDES ET CAPITANS
hommes et séduit les filles ^ Voyez, à la porte de l'hôpital de la Résurrection, cet enseigne Campuzano, appuyé sur son épée qui lui sert de bâton, amaigri et jauni; il paye cher son allure bravache, ses élégances soldatesques [galas de soldado) et les plumes de son chapeau dont une friponne madrée a feint de s'éprendre pour le planter là promplement, sans sou ni maille et, qui plus est, sans cheveux et sans dents^. Voyez le soldat gueux de la Guarda cuidadosa : celui-là sacre et jure, exhibe vingft-deux certificats de vino^t-deux généraux sous les étendards desquels il a servi, écrit à sa belle sur le revers d'une pétition accordée et quilui vaudraitbien quatre ou cinq réaux s'il la présentait au grand-aumônier (notable sacrifice !), poursuit son aventure amoureuse en capitaine Fracasse, bousculant tout sur son passage, et se heurte à un sacristain, aussi gueux mais plus heureux que lui, qui se fait agréer et lui soulfie la demoiselle. De tels croquis, qui rappellent par moment, quoiqu'en moins noir, les Misères de la giieî'rede Callot, témoignent à coup sur d'une grande désillusion sur le compte de cette carrière des