El casamienfo en^anoso, nouvelle
350 \. l'espagne du « don quiciiotte ».
armes que Cervantes avait d'abord vue si brillante, mais dont beaucoup d'amertumes et de criants passe-droits l'avaient ensuite dégoûté. A côté de la noblesse militaire, il y a celle de robe. Les lettres aussi qualifient, mais il fauty entrer par certaines portes réservées : les grands collèges notamment dont les membres doiventfaire leurs preuves ; en second lieu, les universités, car le clerc gradué est encore une façon de noble, tout au moins c'est un privilégié \ Cervantes, nid ne l'ignore, ne fit pas d'études universitaires, il ne passa point par Salamanque ou Alcalâ, il ne se baigna point, comme on dit à l'espagnole, dans les ondes savantes du Tormes ou du Henares. Il étudia dans un collège municipal et apprit le peu de latin qu'il sut jamais sous la férule de maître Lopez de Hoyos, un professeur d'humanités entretenu par la ville de Madrid. Plusieurs de ses contemporains ont censuré sa culture trop laïque, l'ont exclu du bataillon sacré des scientiûqiies, l'ont traité de profane [ingenio lego). Par un retour naturel des choses, les
1. « El estado medio ocupan los tiidalgos que viven de su renta brave, y los ciudadanos y escuderos dichos, y los hombres de letras y armas constituydos en dignidad: digo, en las letias, los grados, y, en las armas, los oficios. » (Alonso Lopez Pinciano, Philosophia antigua poetica, Madrid, 1596, p. 252.)