GREFFIERS ET NOTAIRES
rière, tout près, quoique un peu au-dessus de rhuissier et du recors, un humble robin qui ne pouvait échapper à la lunette braquée par l'écrivain sur la société de son temps : ce robin est le greffier ou notaire. Véritable bouc émissaire de la haine et du mépris qu'inspire aux Espagnols le ministère de la loi en général, le pauvre escribano est vilipendé comme pas un, on le met à toutes les sauces. Il a reçu au théâtre certainement autant de coups de bâton que Talguazil, et les plaisanteries qu'excitent toujours ses manèges et ses rubriques sont devenues, à force d'être répétées, des lieux communs insipides^ Cervantes aussi a maltraité « ce satrape de la plume », comme il le nomme ", moins toutefois dans le Don Quichotte que dans une de ses nouvelles, le Coloquio de las perros, où, après en avoir laissé dire pis que pendre, il feint de se charger de sa défense, ce qui est une manière de lui porter le coup de grâce. « Oui, il y a beaucoup (( de notaires, beaucoup, vous dis-je, qui sont « honnêtes, consciencieux et loyaux, disposés
1. Un juriste espagnol a réuni une collection de ces quolibets; voY. M. Torres Campos, Estudios de bibliografia espanola y extranjera del derec/io y del notariado, Madrid, 1878, p. 156.