Perailes, livre III, ch. iv
3G0 V. l'espâgne du « don Quichotte ».
« à être agréables sans faire tort au prochain ; (f oui, tous ne traînent pas les procès en lon- « gueur, n'avisent pas les parties, n'épient et « n'espionnent pas la vie des autres pour y « trouver matière à instrumenter ; tous ne (( s'entendent pas avec le juge : passez-moi la « rhubarbe et je vous passerai le séné. » Enumérer ainsi soigneusement les vilenies dont certains notaires ne se rendaient pas coupables, n'est-ce pas nous dénoncer, par un détour habile et avec une cruelle précision, celles que tous les autres commettaient habituellement?
Des régions supérieures de la société où habitent les Espagnols classés soit par leur naissance soit par l'exercice de quelque profession honorable ou au moins avouable, descendons, à la façon de Dante, dans les cercles inférieurs où vit la gentchétive, allons jusqu'aux bas fonds. Le Don Quichotte n'est pas une revue critique dans le genre, par exemple, des Songes de Quevedo. Chez Cervantes on ne peut satlendre à voir défiler une à une, comme des pénitents en procession, toutes les espèces sociales que le moraliste de métier aime à pousser sous sa loupe pour les disséquer à loisir. Le Do7i Quichotte est un voyage fantaisiste à travers la société espa-