Paris, 1828, 2 vol. in-S
2. Souvenirs que ravivèrent l'intervention et l'expédition françaises de 182.3, conduites, il est vrai, dans un esprit diamétralement oppose à celui qui animait les soldats de Napoléon.
voisins ; on vent Tétonner et TefFrayer par des descriptions violentes et sombres. A l'Espagne folâtre de Beaumarchais succède l'Espagne tragique de Mérimée.
En outre, il nous fallait du pittoresque, et, comme rien ne remplace la vue elle-même des choses, beaucoup y vont voir. Qui, parmi nos écrivains, poètes ou romanciers, n'a pas fait plus ou moins son voyage d'Espagne? Tous n'en ont pas rapporté ce qu'ils auraient dû. M. de Salvandy, pour n'en citer qu'un, eut aussi bien fait d'y laisser son Don Alonso, fadasse et interminable histoire, dont on a peine aujourd'hui à s'expliquer le succès. D'autres, heureusement, ont su y découvrir le levain du plus pur de leur talent, au premier rang celui dont le nom était prononcé tout à l'heure, Mérimée.
A chaque époque de notre histoire, le goût espagnol s'est éminemment incarné dans un écrivain. Au xvi'^ siècle, cet écrivain est Brantôme ; au xvii% Corneille ; au xviii% Le Sage. Chacun dans son genre, ils sont les véritables porte-drapeau de l'espagnolisme en France. En conférant cet honneur à Mérimée, pour le XIX® siècle, on ne se trompera pas, croyonsnous, cai' personne n'a mis plus de vie et surtout plus de sincéi'ité dans ses œuvres espa-