A. Dumas, Don Juan de Marana, acte III, se
2. Les éditions récentes ont corrigé : Don José. G est dommage.
102 I. l'eSPAGISE en FRAjNCE.
tilhommerie, à la classe des cahalleros , de tout ce qui, dans Tancienne société espagnole, n'était ni prêtre, ni moine, ni légiste, ni soldat de carrière. Se vêtir de cape et d'épée, c'est se vêtir en gentilhomme, c'est même s'habiller comme tout le monde, puisque la bourgeoisie n'existe pas en Castille, que le peuple ne compte pas et que les gens d'église et de loi ont un costume à eux. De là encore i^arler en cape et épée, c'est parler tout uniment, sans détours ni périphrases. Dans la technologie du théâtre, comedia de capa y espada se dit de celle qui est faite d'incidents de la vie de tous les jours et qui se joue sans costumes royaux, sans décors compliqiu^s et sans machines, le contraire de la comédie bruyante ou à grand fracas [comedia de ruido).
Nous sommes loin, on le voit, du sens actuel. Mais les romantiques n'y ont pas regardé de si près ; le nom étant à leur goût, ils l'ont pris, et comme d'ailleurs ces vieux drames espagnols étaient habituellement traversés de duels, d'escalades et d'enlèvements, il leur paru! que leur nouveau drame, leur diame du sfenre aventureux et bravache méritait bien
d'être classé sous cette fringante rubrique. Ce qui de la capa espagnole est resté accroché à la cape française de Dumas et des autres,