Comte de Ségur. Mémoires o Paris, 1826, t. II, p
GRANDS D ESPAGNE
Paris et le luxe de sa maison un accompagnement obligé de la charge importante qu'il remplissait. On peut juger de ce qu'était ce long chapelet de titres par la formule des passeports délivrés en son nom : (c Don Pedro Pablo Abarca de Bolea, Ximenez de « Urrea, etc., Conde de Aranda y Castelflorido ; « marqués de Torres, de Villananty Rupit ; vizconde « de Rueda y Yoch; Baron de las baronias de (( Gavin, Siétamo, Clamosa, Eripol, Trasmôz, la « Mata de Castilviejo, Antillôn, la Almolda, Cortes, « Jorva, San Genis, Rabovillet , Orcau y Santa « Coloma de Farnés ; senor... » Faisons grâce des seigneuries, et continuons : « Rico-Homme denatura- « leza en Aragon, Grande de Espana de primera « clase, cavallero del insigne Orden del Toyson (( y del Sancti Spiritus, Gentilhombre de câmara «de S. M. con exercicio, Capitan General de (( los Reaies Exercitos, y su embajador al Rey (( Christianisimo. ' »
D'autres goûts du personnage dont s'accommodait également sa philosophie sont un peu plus délicats à explorer. Appelons à notre aide Casanova qui vit Aranda à Madrid au début de son règne de Président de Castille, et, en fin connaisseur, démêla tout de suite le côté faible, le péché mignon de l'inflexible Aragonais . « Grand épicurien , mais sauvant à « merveille les apparences, il faisait dans son inté- « rieur tout ce qu'il défendait aux autres et n'avait « nul souci qu'on en parlât.*» Casanova avait raison,