‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 100 sur 212 · DE DIPLOMATIE · texte numérisé non relu

DE DIPLOMATIE

ù la vue « quelques saillies, ens, quelques brèches, qucl- <c ques échancrures ». Aranda promena les regards étonnés de son élève sur toute l'Europe orientale, en commençant par la Russie et en finissant par l'Autriche. Puis, se tournant vers lui. « Allons, je « crois pour une fois en avoir dit assez. Entendez- « pous P comprenez-vous ? Vous sentez bien a. présent « que toutes ces puissances veulent conserver leurs u saillies, remplir leurs échancrures et s'arrondir « enfin suivant l'occasion. Eh bien, mon cher, une n leçon suffit; car voilà toute la politique. Entendez- « vous? comprenez-vous? ■» La leçon, pourêtrecourte, n'en était pas moins très claire ; Ségur s'aperçut qu'il avait affaire à un diplomate de l'école pratique et positive, et répondit non sans malice ; « J'entends « et comprends d'autant mieux, que je jette à « présent mes regards sur l'Espagne et que je vois H à sa partie occidentale une longue et belle lisière H ou écbancrure, nommée le Portugal et qui con- « viendrait, je crois, parfaitement, au cadre espa- « gnol. — Je crois que 'vous entendez, que vous M comprenez, » riposta Aranda, « vous voilà tout aussi « savant que nous dans la diplomatie.' »

Tout philosophe et « éclairé » qu'il était, Aranda ne dédaignait point de rappeler à l'occasion sa très noble naissance et d'étaler ses innombrables titres, de même qu'il estimait le grand train de sa vie à

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