LA MAISON DE SILVA
étonnait et déconcertait : « Sa vivacité était grave, « sa gravité ironique et presque satirique », dit le comte de Ségur. * Au demeurant, bonhomme, nous assure Vergennes, qui avait certes quelque mérite à le reconnaître ; ajoutons : serviable, compatissant aux faibles, généreux. Tout cela forme un ensemble qu'il serait instructif et curieux de démêler et d'analyser par le menu ; souhaitons qu'on le fasse'. Pour compléter cette revue de la colonie espagnole à Paris, dans la seconde moitié du xviii^ siècle, il nous faut encore parler de deux familles qui tenaient de près à Fernan Nunez et à Salm. D'abord des Infantado. On sait ce que représente dans l'histoire d'Espagne ce titre illustre, créé en 1475 par les Rois Catholiques au profit de D. Diego Hurtado de Mendoza , deuxième marquis de Santillana, et qui, des Mendoza, passa successivement aux Sandoval, puis aux Silva, qui le gardèrent plus d'un siècle, et enfin aux Toledo. A l'époque dont nous nous occupons, le duc de l'Infantado est encore à moitié Silva; par sa mère il se rattache à cette prodigieuse famille qui étend ses ramifications sur toute la Péninsule, Espagne et Portugal. Si l'on peut dire que le xvi® siècle appartient aux Mendoza, qui, par le nombre, le prestige et les charges