DON CARLOS AMBASSADEUR
(( Salm, continuent de se moquer de nous à Buenos a Aires, et nous nous présentons l'autre joue comme (( de bons chrétiens. Mais Carvalho (Pombal), qui ne (( Test pas à ce point, tire parti de notre façon d'agir. « Je ne sais ce qui résultera de tout cela* .» Il n'en résulta rien de mauvais pour l'Espagne, qui, Tannée suivante et grâce à l'énergie du général Ceballos, obtint du Portugal plus qu'elle ne pouvait espérer: en Amérique, la colonie du Sacramento ; en Afrique, les îles de Fernando Po et d'Annobon ; acquisitions complétées et couronnées par un traité de paix qui rapprocha et réconcilia les deux puissances péninsulaires, aux dépens, il est vrai, du Pacte de famille, ou du moins aux dépens de certains intérêts de la France *. Ce fut précisément sur Fernan Nuîiez que Charles III jeta les yeux pour inaugurer auprès de l'État voisin la politique nouvelle, conséquence de l'accord si heureusement établi. Sa nomination au poste d'ambassadeur a Lisbonne date du 26 février 1778, et l'on peut voir par les dépêches de l'ambassade de France à Madrid que ce choix fut fort approuvé. Bourgoing, qui regrette les relations de Fernan Nunez avec le parti aragonais dont il semble d'ailleurs exagérer les tendances anti-bourbonniennes et anti-françaises, se plaît à reconnaître au nouveau diplomate de très bonnes qualités. « Il a « les mœurs plus douces (que Villahermosa) , un « caractère plus ouvert, et c'est, sans contredit, un