Ferrer del Rio, Historia de Carlos UI, t. III, p
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le créa duc et grand d'Espagne. Le parti aragonais crut triompher, mais se réjouit trop tôt : ce ne fut pas lui qui recueillit la succession du ministre renversé. Charles III avait bien consenti à se séparer de Grtmaldi, dont, malgré cette maladroite affaire du Prince.ilgoûtaitleshabitudesd'espritetla manière de négocier, mais il n'entendait nullement donner à ce ministre pour successeur Aranda <juî lui était insupportable ; il n'entendait pas surtout qu'on lui forçât la main et lui imposât le choix d'un personnage si eucambrant qu'il l'avait envoyé à Paris pour s'en débarrasser. Grimaldi fut remplacé par un fonctionnaire de la carrière, D. José Monino, comte de Floridablanca', qui, à cette heure, remplissait les fonctions de plénipotentiaire auprès du Saint-Siège ; il f eut un simple chassé-croisé entre les deux ministres : Floridablanca prit à Madrid la succession de Grimaldi qui prit à Rome celle du nouveau secrétaire d'Etat. La golilla l'emportait donc encore sur la cabale des grands seigneurs, des Aranda et des Pignatelli,
Feman Nunez , quoiqu'il fût bien en fait affilié lUX Aragonais, n'épousait pas avec une très grande
laleur leurs querelles et ne partageait pas toutes Eurs préventions. Il s'occupait d'ailleurs peu de lolitique militante et se mêlait le moins possible
X petites conspirations qui se tramaient journellelient dans les appartements du Prince. Il se conten-
GRANDS D ESPA.GKE
■* de plaire au Roi, qui lui iaspirait un dévouement I bornes, et de remplir avec la ponctualité aiae par ce souverain méthodique ses foncUons
chambellan. Charles III lui en sut gré. Pour >mpenBer ses bons services militaires à Alger, îl iça Fernan Nunez au grade de maréchal de p (mars 1776), l'attacha à l'état-major de li ille Castille, le choisit comme gentilhomme de la mbre pour suivre la cour à Saint-Ildephonse et Escurial, et lui conféra la grand' croix de son re « rojal et distingué ii (7 décembre), endant cette année de 1776, Don Carlos reprit tii près le genre d'existence qu'il menait avant
long voyage, mais avec ipoins d'entrain et de ne humeur. Le comte a beau écrire à Salm qu'il
faim d'Aranjuez m, après quatre années passées
de ces lieux enchantés, il est visible que les sirs des sitios lui reviennent moins qu'autrefois.
voyages et sa dernière campagne l'ont en quelsorte assagi et lui ont inspiré des pensées z sérieuses. Mais si les manèges des partis et les dents de la politique intérieure ne l'intéressent re, il ne laisse pas cependant de suivre avec ntion ce qui se passe au dehors et se prépare I à remplir, le cas échéant, quelque poste diploique, si les sollicitations qu'il avait adressées Tieurement à Grimaldi doivent être, comme il y pte, favorablement accueillies par le nouveau ■stre. Il s'inquiète surtout des mouvements des tugais à propos de certaines délimitations de itières en Amérique. « Les Portugais, écrit-il à