Madrid, 9 janvier 177S
2. Correipondance complète de la marqui éd. de Letcnre, t. II, p. S3].
GRANDS D ESPAGNE
suspicion par son cousin Joseph P^, Jean de Bragance ou le duc de Lafôes, comme on le nommait dans son pays', avait pris le parti prudent de quitter le Portugal et s'était mis à voyager en Europe et en Asie pour se distraire et s'instruire. Pendant un temps même, il entra, comme volontaire, au service de l'Autriche et, au cours de la guerre de Sept* Ans, commanda un corps de l'armée de Marie- Thérèse. Sans doute ce fut à Vienne que Fernan Nunezle rencontra et lia connaissance avec lui; nous. savons, en eflfet, que Bragance s'y trouyait en 1774'. Venu à Paris à la fin de Tannée Iw??, il fut aussitôt.^ présenté à la cour par l'ambassadeur portugais ; on; parla même un instant de le marier à une princesse française. Mais l'avènement de Dona Maria (24 février 1777) et la chute de Pombal lui rouvrirent les portes de sa patrie où il rentra en octobre 1778. Le duc de Lafoens appartenait, bien entendu, au groupe des (c ilustrados », mais, doué d'un grand sens pratique et instruit par ses voyages, il ne faisait point parade d'irréligion ni ne formait de projets chimériques. En Portugal, il rendit de bons services à l'instruction publique et fonda l'Académie des sciences de Lisbonne ; sa mémoire est encore très vénérée parmi ses compatriotes. On conçoit que Feman
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1. Correspondance secrète inédite sur Louis XVIy publiée par M. de Lescure, Paris, 1866, t. I, p. 188.
2. Il fut c( déclaré » duc de Lafoens au mois de mai 1777 par la reine Dona Maria.
3. Garât, Mémoires historiques sur M, Suard, Paris, 1820, t. II, pp. 220 et suiv.