‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 145 sur 212 · HT13G\IS · texte numérisé non relu

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des liens assez lâches à leurs cousins espagnols, ces alliances montèrent un peu la tête aux « Ibéristes n qui y voyaient la réalisation de leur voeu le plus ardent. Fernan Nunez lui-même, d'ordinaire calme et plutôt sceptique, se laissa gagner par l'enthousiasme général. Parmi les avantages qui doivent résulter des mariages portugais , il voit celui de <i rapprocher de nouveau les deux familles d'Espagne « et de Portugal, qui, puisqu'elles ne se confondent « pas, doivent demeurer au moins intimement H alliées et tendre à réunir un jour les deux coua ronnes sur la tête d'un Bourbon ou d'un Bragance'». Le conseil n'a point encore été mis à profit et quelque temps se passera sans qu'il le soit.

Comme ambassadeur plénipotentiaire chargé de présider à la célébration des mariages à Lisbonne et d'y représenter le Roi, Fernan Nunez se prodigua beaucoup et prodigua non moins son patrimoine déjà passablement ébréché. A la fête qu'il donna au palais du Rocio éclairé par plus de trois (nille cinq cents bougies ou torches de cire placées sur des lustres ou de superbes candélabres, on servit une somptueuse collation et un souper de trots cent trente et un couverts où parurent les mets les plus rares. Les invités admirèrent particulièrement des surtouts de table ornés de sujets historiques que l'ambassadeur avait fait venir de Paris'.

i. Vida de Carlos III, cité par Ferrer del Rio, Historia de Carlos III, t. IV. p. 21,

2. Supplément de la Gaseia du 13 mai 1785. Voj. aussi Beroardino Herrera, Mtmorias hittôricas de los desposorioa

GRANDS D ESPAGNE

Charles III récompensa ce déploiement de faste et de magnificence en nommant Fernan Nunez conseiller d'État et, ce qui ne dut pas mécontenter le comte, en lui faisant allouer les émoluments de cette nouvelle charge.

Les mariages conclus, le Roi désira que l'ambassadeur qui y avait tant contribué lui continuât ses services dans un autre poste diplomatique de plus haute catégorie; il oiOfrit à Fernan Nunez l'ambassade de Vienne que le comte crut devoir ne point accepter, sans que nous sachions au juste quels furent les motifs de son refus. Enfin, l'année suivante, au mois de mars 1786, Charles III ne se laissa plus arrêter par les excuses ou les défaites de son fidèle serviteur et le nomma ambassadeur à. Londres en remplacement du marquis d'Almodovar ^ Fernan Nunez se disposait à rejoindre son poste, lorsque le rappel ou plutôt la retraite d'Aranda changea encore les desseins du Roi qui décida d'envoyer le comte à Paris recueillir la succession diflScile du chef du parti aragonais. Nommé au commencement de l'année 1787, le comte ne prit possession de ses nouvelles fonctions d'ambassadeur près la cour de France qu'au mois d'octobre ^.

Voilà donc qu'après une séparation qui leur pesait

de las serenisimas infantas de Espaha y de Portugal, etc. Madrid, 1787, 8°.

1. Ohras del conde de Floridablanca, éd. Ferrer del Rio, p. 291 b.

2. Il eut sa première audience particulière où il présenta ses lettres de créance, le 14 octobre 1787.

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