CONSTANTIN DE SALM SALM
d'être terminée, et l'aurait en effet rompue si les fortes têtes de la famille n'y avaient mis bon ordre. Le petit drame intime auquel nous allons assister est fort curieux, il montre quelles compétitions s'élevaient souvent entre les membres de ces familles princières allemandes possessionnées en France ; et, quand on aura vu les pièces du procès, on ne nous en voudra pas de nous y être arrêté quelque peu.
L'accord touchant le régiment avait été passé entre le roi de France, d'une part ; puis, la princesse douairière de Salm Salm, comme régente et administratrice des états de son fils Constantin, prince régnant de Salm Salm, et le prince Guillaume Florentin de Salm Salm, évêque de Tournay, oncle dudit prince et co-régent de ses états, d'autre part. En 1783, ce jeune Constantin, premier né de feu Maximilien de Salm Salm, chef de la famille*, était encore, quoique marié, mineur. Mais l'état de pupille ne lui convenant plus, il imagina un beau matin d'échapper à la tutelle maternelle et avunculaire, se déclarant, de son autorité privée, majeur, émancipé par son mariage et seigneur souverain de ses états. Guidé par les conseils de certaines bonnes âmes — des espèces^ dit la tante de Starhemberg — qui avaient grand intérêt à gouverner elles-mêmes sous le couvert de cet adolescent, le prince Constantin prit donc en mains le gouvernement de sa
1. Ce Maximilien, qui avait épousé, le 16 mars 1757, Marie-Louise-Ëléonore, princesse de Hesse-Rheinfe^s mourut en septembre 1773.
GRANDS D ESPAGNE
principauté et daigna notifier aux sujets de ses quelques lieues carrées l'expression de sa sérénissime volonté. Le document, qu'il faut citer presque en entier, est de l'effet le plus comique.
Déclaration de Son Altesse Sérénissime Monseigneur lb Prince Régnant de Salm Salm.
Du sept Juin mil sept cent quatre-vingt-trois.
Con3tantin Alexandre, par la grâce de Dieu, Prince de Salm-Salm, du Saint-Empire Romain, Wildgraf de Dhaun et Kyrbourg, Rhingraff de Stein, Souverain Seigneur d'Anholt, Ducd^Hoogstraten, Vicomte d'Alost, Seigneur de Loonopsant, Chevalier de TOrdre Palatin de Saint- Hubert, etc., etc., etc.
A nos amés et féaux les Grand-Bailli et Gens tenants le Grand Bailliage de notre Principauté de Salm-Salm; salut :
La Majorité, à laquelle Nous sommes parvenu, Nous permettant de gouverner par Nous-même nos États, Nous vous notifions que Nous en prenons les Rênes pour être plus à même de donner à nos Sujets des preuves de notre affection pour eux et leur témoigner combien Nous sommes sensible à celles qu'ils viennent de Nous donner de leur amour pour Nous et de leur fidélité. Nous attendons de votre zèle, pour notre service, que vous Nous seconderés dans notre dessein de rendre notre Règne glorieux, en le rendant utile à nos Sujets, dont le bonheur sera toujours le premier objet de nos Soins ; Nous voulons que l'Administration de notre Principauté soit continuée sur le pied actuel, jusqu'à ce que sur le compte que Nous nous en ferons rendre, Nous en aurons autrement décidé, si le bien de notre service Nous paroit Texiger. La résolution dans laquelle Nous sommes de fixer notre ré«dence dans notre Principauté et de Gou-