GARDES WALLONES ET PETITS WALLONS
indulgent en général dans ses appréciations, loue, au point de vue militaire, le système espagnol de la quinta qui envoie aux régiments des paysans, et déclare qu' c( en ce point l'armée d'Espagne <c est supérieure à celle d'autres pays qui n'est com (c posée que d'ouvriers ivrognes et de libertins sans « aveu »*.
Au contraire, ces mêmes étrangers n'ont pas grande opinion des troupes étrangères au service d'Espagne et particulièrement de l'infanterie wallone : les petits Wallons, comme on les nommait pour les distinguer des Gardes Wallones et aussi peut-être à cause de leur petite taille, bon nombre de ces soldats étant originaires, non des pays vsrallons, mais des provinces méridionales de la France. Les agents recruteurs des trois régiments wallons, Flandre, Bruxelles et Brabant, n'y regardaient pas de bien près, tout ce qui s'offrait était pris et enrégimenté ; notamment tous les déserteurs de l'armée française qui pouvaient s'échapper par la frontière des Pyrénées trouvaient bon accueil dans cette troupe où les commandements se faisaient en français, ce Les Wal- « Ions , Irlandois , Italiens et Volontaires, dit « Dalrymple, sont tous déserteurs et vagabonds de « tous les pays de l'Europe et la plus méprisable a canaille^ » ; jugement que confirment les lettres de Fernan Nunez et de Salm. Des Suisses, le major anglais parle en meilleurs termes : ce sont, dit-il.
1. Voyage en Espagne et en Portugal dans Vannée 111 i^ Paris, 1783, p. 88.