DE FERNAN NUNEZ A LOUIS XIT ÎER SON SECOND FILS
re Majesté aura la booté de faire voir par la copie cy jointe de la lettre que j'escrivis au duo Darcourt', aussi tost que Vostre Majesté voulut bien se déclarer sur la succession de cette Monarchie, la continuation de mon amour et de mon zete pour le service de Vostre Majesté et de toute sa royale maison, que Vostre Majesté sçait que j ay toujours conservé avec un attachement et un respect si particulier pour la sacrée personne de Vostre Majesté qui n'a peu se déguiser en aucun temps et qui fait présentement que (puisqu'il ne dépend pas de moy de finir mes jours aux pieds de Vostre Majesté) je soubaitte très ardemment que lecadet . des deux fils que j'ay, qui n'est pas attaché icy par aucun employ, soit attaché entièrement au service de Vostre Majesté, ne luy en demandant pas jusques a ce qu'il l'aye peu mériter et me contentant de l'honneur qu'il luy revient d'estre le premier Espagnol (de son rang] qui se soit dédié au service pers on el de Vostre Majesté. 11 est, Scire, en Tâge de ving-t deux ans, il sçait la langue française, je l'ay fait servit dans les troupes de la
lis duc d'Har- □ Etpagne,
marine depuis sa quatorzième année et il a fait detix campagnes avec moy. dans cette armée navalle que j'ay Tonneur de commander. Il s'est fait beaucoup d'amis (après la paix) dans celle de Vostre Majesté dont je croy (qu*entr*autre chose) le duc d'Estrées' aura rendu compte a Vostre Majesté, a son retour de la campagne de quatre vingt dix huict par raport a la continuation de mon attachement et de toutte ma famille au service de Vostre Majesté, de qui je ne prétends pas en cette occasion que la distinction qu'elle voudra bien luy donner pour faire voir que ses services et les miens sont agréa- .blés a Vostre Majesté, a qui je suis a présent obligé de m'adresser directement, parce que, dans le temps que j'esperois que M. le Duc Darcourt me fist scavoir la favorable réponse (dont je ne pouvois pas doutter) que Vostre Majesté m'honoreroit, les pressantes affaires du Duc Darcourt et sa maladie Tout empesché de me donner la réponse positive que j'aurois souhaitté. Et, a la fin, voyant que cette maladie continuoit et ayant apris que M' le Conte d'Estrées est près a mettre a la voile, je n'ay pas creu pouvoir différer plus longtemps de demand^er a M. le Duc Darcourt la réponse qu'il avoit eue de Vostre Majesté ; et ne se laissant pas voir de persones hors ceux de sa maison (accause de la grande indisposition dont il estoit travaillé), son secrétaire m'a dit de sa part que je l'excusasse de n'avoir pas encore fait scavoir a Vostre Majesté mes très humbles intentions, que je viens de réitérer a Vostre Majesté, estant très mortifié du retardement que les grandes occupations du Duc Darcourt et en suitte sa maladie m'a aporté a donner a Vostre Majesté cette nouvelle preuve de mon respect, mon amour
1. Lisez comte d^Estrëes. Il s'agit de Victor-Marie comte d'Estrées, qui servit eu Espagne en 1697 et 1698, et ne devint duc d'Estrées qu'en 1723 (P. Anselme, Histoire généalogiq , t. IV, p. 604 et t. VII, p. 649.)
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