RÉFORMES MILITAIRES
confident des peines et des plaisirs du comte, et, en même temps, à cause de sa situation subalterne, son secrétaire et son factotum.
La maladie n'empêche pas Fernan Nunez de s'occuper avec sollicitude du militaire. Il apprend qu'on a présenté au Roi des troupes vêtues d'un nouvel uniforme, ce qui lui suggère des réflexions fort sensées. c< Habillés comme on voudra, nous nous ferons « craindre si nos hommes sont de bonne qualité, pence sent à l'honneur et désirent l'accroître, et nous ne (( vaudrons pas le diable avec les gens pris de force « et les vagabonds qu'on nous donne. J'entends dire (c à plusieurs que l'armée est perdue parce que les c( hommes de la quinta sont partis. Si ceux qui rescc tent les valaient, il n'y aurait pas de quoi se (( lamenter, car les régiments ont assez de monde « pour le temps de paix, et l'on peut bien, par raison <( d'économie, admettre cette diminution ; mais il « faudrait un système pour remplacer les libérés, si « tôt que le besoin s'en ferait sentir. Je n'espère « pas le voir, car bien d'autres qui l'espéraient ont « quitté ce bas monde emportant avec eux leur espèce rance ». O'Reilly sans doute promet monts et merveilles, mais il a à lutter avec Perruque *. Fernan Nunez est en bons termes avec l'un et l'autre et « se moque du reste » . Muniain toutefois était plus a ménager, parce qu'il avait la haute main sur l'armée, disposait des emplois, désignait les garnisons. Pour
1. C'est le sobriquet que nos amis donnaient au ministre de la guerre Muniain.
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GRANDS D ESPAGNE