‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 37 sur 212 · Comte de Belalcazar · texte numérisé non relu

Comte de Belalcazar

2. Duc de Luynes, MémoireSy t. XVI, p. 227 (mercredi, 26 octobre 1757).

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singulière, et les moins indulgents vont jusqu'à lui refuser Tinstruction et Tintelligence. Un de nos ambassadeurs, le marquis d'Aubeterre, fait de Béjar ce portrait peu flatteur: <c C'est un génie court et un ce dévot outré. Il est capable de tout dez qu'il sera « échauffé par quelques moines et qu'on lui aura fait ce entendre que sa conscience est intéressée ; chose face cile à lui persuader, vu son ignorance profonde^. » Son beau-frère, FernanNunez, le nomme presque toujours elpobre Béjar, ce qui donne à penser bien des choses. Pourtant, il devait posséder, outre ses vertus rares, quelque talent, ce duc si chaste et si timoré, et ce« qui tendrait à le prouver, c'est que Charles' III lui accorda toute sa confiance et le chargea de l'éducation des infants ses frères et du Prince son fils. Assurément, le duc leur enseigna la morale la plus austère et la plus pure, et, ce dont il faut lui savoir gré, il sut aussi inspirer à l'un d'eux, l'infant Gabriel, futur traducteur de Salluste, l'amour des études latines : c'est sur ses instances que Don Gabriel et son frère Don Antonio publièrent, à leurs frais, la grammaire latine en vers castillans deJuande Iriarte, l'ancien précepteur du duc auquel ce dernier témoigna ainsi sa reconnaissance ^. De temps à autre, il cherchait aussi à divertir, par d'honnêtes récréations, ses élèves, les invitant à sa maison de campagne de La Moraleja, près Madrid, où l'on

1. Aubeterre à Choiseul, 24 janvier 1759 Espagne, vol. 524, fol. 292).

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